Le roi nu

A propos du film

Synopsis

1979: révolution en Iran. Le shah, le «Roi des Rois», doit quitter le pays. L'ayatollah Khomeini prend le pouvoir. 1980: révolution en Pologne. Les grévistes et le syndicat indépendant «Solidarnosc» s'opposent en masse au parti et au gouvernement. Après 18 mois mouvementés, «Solidarnosc» est vaincu par l'armée.

A cette époque, Andreas Hoessli avait une bourse d'études en Pologne. Il rencontra le reporter légendaire Ryszard Kapuscinski, qui avait été correspondant pendant la révolution en Iran. Quarante ans plus tard, Andreas Hoessli revient en Pologne et interviewe les anciens agents des services secrets qui l'avaient surveillé et qui voulaient le recruter. Puis il voyage en Iran et interviewe des témoins de la révolution et des jeunes qui ne l'ont pas connue. Au cœur de sa quête se trouve la question: qu'est-ce qui préoccupait les gens à cette époque et qu'est-ce qui les préoccupe aujourd'hui?

Edmond Vullioud est le narrateur de ce fascinant documentaire sur l'essence de la révolution.

Avec

Negar Tahsili (Jg. 1982)

Negar Tahsili (Jg. 1982)

Negar Tahsili est née juste après la révolution et a grandi pendant les «années de fondation». Elle dit que la révolution l'a beaucoup marquée, même si elle ne s'en est rendu compte qu'à l'âge adulte. Sa profession principale est inventeuse, Elle a étudié le design industriel et a entre autres déposé des brevets pour une invention sur la désinfection d'instruments chirurgicaux. Par la suite, elle commença à réaliser des films documentaires et artistiques, comme Wee-men or Women, dont le rôle principal est une chauffeuse de taxi à Téhéran et Private P.art, qui aborde les thèmes de genre et de sexualité dans les œuvres d'artistes féminines. Dans ses travaux les plus récents, elle effectue des recherches sur les images prises pendant la révolution.

«Je pense que les gens qui avaient déjà plus de 20 ans à l'époque décidaient pour eux-mêmes: ‹Je vais sortir par cette porte et aller à ces manifestations, personne ne peut m'en empêcher.› Ceux qui participaient aux manifs n'étaient plus des enfants et quand ils voient ces images, ils ont probablement des sentiments que je ne peux malheureusement pas avoir. C'est qu'ils vont se chercher eux-mêmes dans ces images. Je ne sais pas comment ça se fait, je n'existais pas encore à l'époque et mes parents n'ont peut-être pas participé. En fait, où étaient mes parents ce jour-là? Je ne sais pas pourquoi, je me cherche moi-même dans ces images. Il y a quelque chose de très étrange avec ces images où on peut voir beaucoup de gens et où tu peux te chercher toi-même. Un sentiment très personnel, et j'en parle peut-être pour la première fois... Je sens dans ma bouche un goût de sang.»

Masoumeh Ebtekar (Jg.1960)

Masoumeh Ebtekar (Jg.1960)

Masoumeh Ebtekar a été nommée vice-présidente de l'Iran en 2017, responsable des questions relatives à la femme et la famille (elle est une des 12 vice-présidents). Elle est reconnue en tant que politicienne réformatrice ainsi que pour son parcours personnel. Elle fut porte-parole des groupes d'étudiants qui s'emparèrent de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran et prirent les employés en otage. Elle a vécu pendant son enfance six ans aux Etats-Unis avec ses parents à Philadelphie/USA et parle couramment anglais. Masoumeh Ebtekar étudia la biochimie et fut professeur d'immunologie: Elle fut déjà vice-présidente de 1997 à 2005, sous la présidence de Mohammed Chatami.

«Pouvons-nous rester des révolutionnaires et en même temps critiquer ce qui se passait à l'époque? Pouvons-nous entrer dans une approche autocritique et rester fidèle aux valeurs de la révolution? Puis-je, en tant que révolutionnaire fidèle, me permettre de critiquer ce que je pensais, disais et faisais à l'époque? 30 années plus tard? Tout en restant fidèle aux valeurs essentielles de la révolution? Ce sont des thèmes qu'il faut aborder dans chaque société, pour être capable de réfléchir à ce qui s'est passé, au le passé qu'on a vécu.»

Zbigniew Siemiątkowski (Jg. 1957)

Zbigniew Siemiątkowski (Jg. 1957)

Zbigniew Siemiątkowski étudia les sciences politiques et était membre du Parti ouvrier unifié polonais PZPR. Après 1990, il fut délégué au parlement, secrétaire d'Etat dans l'administration présidentielle et devint en 1992 chef de l'organisation qui succéda aux services secrets − le département de la sécurité de l'Etat −, puis ministre et coordinateur des services secrets. En 2012, une enquête fut menée sur Siemiątkowski dans le contexte des prisons secrètes de la CIA en Pologne. La procédure resta apparemment sans suites. Les prisons de la CIA se trouvaient dans l'ancien centre de formation des services secrets polonais à Kielkuty. Actuellement, Siemiątkowski enseigne et effectue des travaux de recherche dans diverses universités sur le thème de l'organisation de l'Etat et des systèmes de sécurité.  

«On vous récupère dans une situation fâcheuse. Vous devenez nerveux. Vous subissez un grand stress. Quelqu'un vous tend la main et dit : ‹Nous pouvons trouver une solution.› Alors, ou vous vous mettez d'accord ou vous aurez de sérieux problèmes. On crée une situation psychologique de domination sur l'autre. En phase de recrutement, il faut d'abord mettre quelqu'un sous choc, et quand il s'y est habitué, on augmente la pression. Seulement après, on lui tend la main. L'intéressé va ensuite saisir cette main et se réjouir de cette main tendue. S'il n'était pas sous le choc, il refuserait la collaboration. Mais sous la contrainte, ça marche.»

Tadeusz Chętko (Jg. 1947)

Tadeusz Chętko (Jg. 1947)

Tadeusz Chętko a suivi un cours de théâtre à l'académie de théâtre à Varsovie. Après son diplôme, il fut recruté par les services secrets de la République populaire polonaise et suivit une formation au centre de Stary Kiejkuty. Il travailla à divers postes au sein services secrets à l'étranger, notamment à Prague, Zagreb et Bratislava, puis pendant la guerre en ex-Yougoslavie en tant qu'officier de liaison au Proche-Orient. Il fut interrogé par une commission en 1990 et intégré aux services secrets de la nouvelle «troisième République».

«- Une question: Saviez-vous que vous étiez surveillé ? Ou le soupçonniez-vous? - Je le soupçonnais. - D'où votre self-control. Vous vous arrêtiez par exemple devant des vitrines pour voir si quelque chose s'y reflétait. Vous bougiez insensiblement la tête dans la direction d'où vous veniez, pour voir si quelqu'un vous suivait ou vous surveillait. Vous continuiez, vous vous arrêtiez à un feu rouge et regardiez dans la direction d'où vous étiez venu. A cet instant, vous reconnaissiez la personne que vous aviez déjà aperçue dans le reflet de la vitrine. Vous étiez alors sûr d'être observé. Ce qui émanait de ce comportement, c'était justement le self-control.»

Mohsen Rafiqdoost (Jg. 1940)

Mohsen Rafiqdoost (Jg. 1940)

Mohsen Rafiqdoost est le chauffeur qui conduisit l'ayatollah de l'aéroport au cimetière de Behesht-e Zahra, à son retour d'exil le 1er février 1979. L'ayatollah y tint son premier discours où il déclara ne pas reconnaître le gouvernement encore en place du Shah et de son ministre-président Bahtiar et qu'il allait le renverser. Ce discours donna l'élan à la prise de pouvoir et à l'instauration de la République islamiste. Rafiqdoost devint commandant et plus tard ministre des Gardiens de la révolution. En tant que chef suprême de la fondation Mostazafan, qui contrôlait une grande partie de l'économie iranienne, il devint l'un des hommes les plus puissants du régime iranien.

«Dans chaque pays, l'ennemi dispose de forces qu'on appelle la cinquième colonne. Je vais vous donner un exemple pour notre pays. Au départ, l'imam a fait monter toute la nation dans un train et ce train roule en direction du bonheur. Il y a des gens qui descendent en route, pour diverses raisons, aussi à cause des restrictions religieuses, nous ne le nions pas. Ils n'arrivent pas à s'adapter à la révolution. Le train roule à grande vitesse et ils courent vers la queue du train. Puis ils arrivent à la fin du train et sont obligés de descendre.»

Parviz Rafie

Parviz Rafie

Parviz Rafie était journaliste. Au moment de la révolution, il rencontra Kapuściński, qui était à l'époque correspondant de l'agence de presse polonaise et qui s'était rendu à Téhéran. Plus tard Rafie lut le livre de Kapuściński «Le Shah» édite dans les années 2000 dans une traduction en farsi. Il admire Kapuściński et ses observations précises des événements qui eurent lieu cette époque en Iran.  

«Depuis toujours, j'ai eu peur d'être considéré comme quelqu'un que je ne suis pas. Qu'on me force à incarner quelque chose que je ne suis pas. Cette peur existe toujours, même encore aujourd'hui. Nous ne saurons jamais ce qui se passe dans les prisons. Ce qui arrivent aux prisonniers, partout dans le monde. Nulle part. Nous ne pouvons absolument rien dire sur ça. Ce que nous entendons est dominé par des émotions humaines et parfois nous exagérons, nous ne connaissons pas la vérité. Je connaissais un prisonnier qui a été exécuté. J'ai appris ça plus tard par sa famille, parce qu'il a dit : ‹Je ne veux pas être libéré, car on penserait, que j'ai collaboré avec les fonctionnaires de la prison. Il vaut mieux que je sois exécuté.› Je connaissais cette personne.»

Amir Hassan Cheheltan (Jg. 1956)

Amir Hassan Cheheltan (Jg. 1956)

Amir Hassan Cheheltan, ingénieur électricien et écrivain. Aucun de ses livres n'a pu être publié en Iran au cours des 20 dernières années. Cheheltan a effectué des recherches sur la première année de la révolution en Iran pour son livre «Der standhafte Papagei» [Le perroquet résistant] (paru en allemand en 2018). Il y raconte comment en l'espace de peu de temps les chefs islamistes autour de l'ayatollah Khomeini accaparèrent le pouvoir et repoussèrent les autres groupes participant à la révolution, de la gauche aux nationalistes séculaires. Après un attentat contre sa personne et une série d'assassinats d'écrivains, Cheheltan partit en 1999 pour deux ans en Italie. Il vit de nouveau à Téhéran depuis 2001.  

«Je veux te raconter une histoire qui me concerne. Quand j'avais 12 ou 13 ans mon père m'a dit que je devais me taire, si quelqu'un critiquait le Shah dans un bus, un supermarché ou dans d'autres lieux publics. Je lui demandais pourquoi. Il a dit que cela pouvait être un agent secret qui cherchait ainsi à trouver des opposants au Shah. Et si tu participes à la critique, il va t'arrêter et t'emmener. C'était la première fois que j’ai eu peur de la police secrète. Et cette peur était répandue dans toute la société.»

Józef Pinior (Jg. 1955)

Józef Pinior (Jg. 1955)

Józef Pinior a étudié le droit et les sciences sociales à Wroclaw. Pendant et après les grèves de l'été 1980, il s'engagea dans l'édification du nouveau syndicat  Solidarność en Basse-Silésie. Son action de décembre 1981, quelques jours avant la déclaration de la loi martiale, le fit connaître dans tout le pays: il retira de la banque centrale et cacha la totalité des fonds de  Solidarność (80 millions de Zloty). Pinior échappa à l'emprisonnement et devint le chef du syndicat la New School à New York et au Brésil sur les questions de transformation des systèmes devenu clandestin. Il fut arrêté en avril 1983 et condamné à quatre ans de prison. Il travailla plus tard en tant que chercheur à autoritaires. La nouvelle arrestation de Pinior en Pologne en novembre 2016 soi-disant pour corruption suscita une vague de protestation – on a craint que la justice, contrôlée par le parti Droit et Justice (PIS) lui fasse une parodie de procès avec des «preuves» fictives.  

«Hannah Arendt parle du ‹trésor perdu de la révolution›, quand elle analyse des poèmes de René Char dans son livre. René Char, un poète français qui écrivit sur la Résistance, sur le mouvement de résistance en France. Il décrit quelque chose que nous avons perdu. Hannah Arendt appelle cela ‹le trésor perdu de la révolution›. Mais en quoi consiste ce trésor ? Au moment de la révolution, nous surmontons ces peurs existentielles et sortons de ce cadre existentiel. Nous vivons dans un état d'euphorie où tout est possible. L'espoir revient que le monde puisse devenir meilleur. La grève en Pologne pendant l'été 1980 correspondait à cet état d'esprit. Moi-même, j'ai vécu dans un tel état d'esprit. Cela m'a marqué pour toute la vie: on peut vivre autrement.»

Stefan Piwowar

Stefan Piwowar

On sait très peu sur la biographie de Stefan Piwowar. Il étudia l'histoire à l'université de Varsovie, puis fut recruté par les services secrets de la République populaire de Pologne. Il travailla – en tant que "collaborateur diplomatique » – dans diverses «rézidientoura», antennes des services secrets à l'étranger, entre autres à Berne en Suisse, où il était officiellement attaché de presse de l'ambassade. Il avait des contacts avec les journalistes et correspondants de presse qui lui présentaient leurs projets de voyage et demandaient des visas de journalistes. Il fut intégré en 1990 aux services secrets de la nouvelle «Troisième République».

«− Je vous ai contacté en tant que membre de notre ambassade et vous êtes donc venu voir un employé de l'ambassade. − C'est vrai, mais j'ai reçu mes dossiers des services secrets et il est évident que vous avez travaillé pour les services secrets. − Monsieur le rédacteur, pourrions-nous passer à la question suivante?»

Jacek Petrycki (Jg. 1948)

Jacek Petrycki (Jg. 1948)

Jacek Petrycki étudia la prise de vue à l'école cinématographique de Łódź. Il travailla en tant que cameraman dans les studios de films   documentaires WfiF à Varsovie et tourna de nombreux films avec Krzysztof Kieślowski, entre autres Robotnicy 71, Amator et Gadające głowy. Łoziński. Il fut ensuite cameraman pour des films d'Agnieszka Holland, Krzysztof Zanussi, Marcel Łoziński. C'est Jacek Petrycki qui filma en août les scènes extérieures sur la grève des chantiers navals de Gdansk pour le film Robotnicy 80.  

«Ils parlaient de choses fondamentales qui, jusque là, se disaient derrière des portes fermées. En famille ou entre amis, à voix basse. Et là, ils parlaient soudain devant des caméras et des micros. Ils parlaient de valeurs fondamentales, comme la liberté, la démocratie, comme des vrais... Ces ouvriers parlaient de censure, ce qui était inhabituel. Je croyais toujours que la censure était un sujet d'intellectuels. Et soudain les ouvriers disent: nous ne voulons pas de censure, parce que nous voulons savoir ce qui se passe réellement dans notre pays.»

Kamal Tabrizi (Jg. 1959)

Kamal Tabrizi (Jg. 1959)

Kamal Tabrizi filma les étudiants qui grimpèrent sur les clôtures de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran le 4 novembre 1979 et qui prirent en otage les employés de l'ambassade. Il était l'ami de quelques étudiants participant à cette action, censée imposer l'extradition du Shah (aux Etats-Unis à ce moment-là). Kamal Tabrizi avait étudié à l'université des Beaux-Arts à Téhéran. Il devint un metteur en scène connu pour des films et comédies critiques sur la société islamique, comme Leily is with me et The Lizard. C'est lui qui a tourné les scènes de la prise de l'ambassade présentées dans notre film.  

« Les étudiants (qui occupaient l'ambassade américaine) ne pensaient pas qu'ils pourraient entrer dans le bâtiment de l'ambassade. Ils s'attendaient à une résistance et que nombreux d’entre-eux seraient tués, après quoi ils allaient se retirer et et que ces morts seraient des martyrs, victimes des gens de l'ambassade... Je veux dire par là qu'ils pensaient que toute l'action du début à la fin n'allait durer que sept, huit ou dix heures, de l’effraction au retrait de l'ambassade. Les étudiants ne pouvaient pas du tout imaginer qu'ils allaient pénétrer sur le site de l'ambassade, y rester longtemps et prendre en otage les employés de l'ambassade. Ils se sont retrouvés dans une situation qu'ils n'avaient pas prévue. C'est ce qu'on voit clairement dans les images que j'ai tournées. Je filmais tout le temps et je me concentrais sur des détails: Je pouvais voir qu'ils ne savaient pas se servir d'une arme. Ils les avaient simplement trouvées sur place. Personne ne leur avait montré comment s'en servir.»

Réalisation

Réalisation

Andreas Hoessli a étudié l'histoire de l'économie et des sciences sociales à Zurich et à Paris. Bourse de recherche à Varsovie. Doctorat à l'université de Zurich. Correspondant pour l'Europe centrale et de l'Est pour divers journaux et magazines suisses et allemands. A partir de 1985, rédacteur pour l'étranger auprès de la télévision suisse. Depuis 1993, Andreas Hoessli réalise en auteur indépendant des films documentaires pour le cinéma et la télévision. Il dirige depuis quelques années des ateliers et séminaires pour des fondations, sur des thèmes relatifs aux formes de la mémoire dans les films documentaires (Beyrouth, Lusaka). Il est membre de l'Académie du Cinéma Suisse.  

Filmografie:

Fiche technique

Résolution
HD
Format
DCP
Durée
108min
Rapport d'aspect
Couleur
Oui
Année
2019
Langue originale
Polnisch, Farsi, Englisch, Deutsch
Sous-titres
Deutsch, Englisch, Polnisch, Französisch
Pays
Schweiz, Polen, Deutschland
ISAN
0000-0005-07E0-0000-X-0000-0000-C

Générique

avec

Tadeusz Chętko

Zbigniew Siemiątkowski

Parviz Rafie

Amir Hassan Cheheltan

Negar Tahsili

Mohsen Rafiqdoost

Jacek Petrycki

Kamal Tabrizi

Masoumeh Ebtekar

Józef Pinior

Stefan Piwowar

réalisation

Andreas Hoessli

montage

Lena Rem

chef opérateur

Peter Zwierko

son

Hassan Shabankareh

Marcin Lenarczyk

Marcin Popławski

Zofia Moruś

producteur

Peter Zwierko

producteurs associés

Vadim Jendreyko

Hercli Bundi

co-producteurs

Paweł Kosuń

Agnieszka Janowska

Jacek Nagłowski

Anna Martensen

narration allemande

Bruno Ganz

narrateur Anglaise

Sam Riley

narrateur Français

Edmond Vullioud

narrateur Polonais

Jerzy Radziwilowicz

son de mixage

Bewegte Bilder

ingénieur du son de mixage  

Dominik Avenwedde

postproduction image

REDSPACE A.G.

colorist

Hannes Rüttimann

production

Mira Film

coproduction

Centrala

TM Film

en coproduction avec

Telewizja Polska S.A.

Marta Dużbabel

en coproduction avec

ARTE G.E.I.E.

Sabine Lange

avec le soutien financier de

Bundesamt für Kultur (BAK)

Zürcher Filmstiftung

Polish Film Institute

MFG Filmförderung Baden-Württemberg

Kulturfonds Suissimage

Ernst Göhner Stiftung

UBS Kulturstiftung

Robert Bosch Stiftung / Literarisches Colloquium Berlin

Succès Passage Antenne

éducation21 / Filme für eine Welt

Projektentwicklung im Rahmen von Eurodoc